ŒUVRES POLYMORPHES
ÉRIC BOVISI

Ces artefacts métalliques interrogent ma pratique d’artiste, qu’était mon intention de départ ?
De quelle façon cette intention intègre la part non maîtrisée de la démarche créative ?
Car c’’est bien ce que je veux me faire surprendre par des phénomènes imprévus, des
L’accident engendre la surprise, ouvre d’autres chemins, formels, graphiques, d’autres significations à donner.
Le cadre de l’expérience est minutieusement préparé, les armatures de fer , les découpages de papier, les installations ma compagne me traite de laborieux.
Qu’importe, une fois la machinerie mis en place, le champ d’expérience est ouvert.
L’ombre glisse sur la toile, révélant son réseau de fil, son armature tressée.
Ce flux nerveux parcourant la danse du personnage insuffle une énergie vitale primitive.
Loin de l’image d’un doudou pour adulte, facile et réconfortante, l’image projetée est brutale surprenante.

LES ZNORTS
( terme issus de ma mythologie personnelle, il désigne des poupées articulées qui sont impliquée dans une mise en scène photographique ou autres actions artistiques)
L’évolution s’opère et la métamorphose a bien eu lieu !
La sculpture, en se transformant de façon autonome, change d’affectation de signification, d’armature fonctionnelle et articulée en une mystérieuse identité végétale .
Le feuillage en frou-frou redessine, découpe avec grâce, la silhouette un peu sèche et squelettique de l’armature de métal. Il ajoute du mouvement, peu à peu la marionnette s’allège devient plus « frivole ».
Les volutes de feuilles, aux ombres arrondies et veloutées, contrastent avec les longs fils de fer qui tracent à grand traits effilés et vigoureux la structure du pantin.
La sculpture conserve sa forme humanoïde métallique mais s’étoffe au fil de l’été du tissu végétal.
Ce personnage hybride concentre l’énergie du lieu : ses fibres entrelacent l’atelier, le jardin, il entre en résonnance avec la présence de l’humain . Tous les deux dansent finalement dans les mêmes cordes.

Les croquis les dessins illustrent cette transformation, ils préparent les tableaux à venir et ouvrent des horizons vers de nouvelles explorations graphiques et picturales.


Etudes mines de plomb , feutre format A3



Le soleil est le médium, le conducteur de l’expérience, la lumière traverse les dessins découpés en
fine dentelle à l’image des Poyats fribourgoises.
Découpages placés en sous -couches : on dirait presque le jeu de la lumière dans un vitrail, une image inversée polarisée où l’ombre devient la lumière.



