• Eric Bovisi
  • Artiste contemporain installé à Sierre, Eric Bovisi nous emmène dans son univers coloré avec ses créations dynamiques et audacieuses.

    Né à Martigny le 29 juin 1963, il suit une formation aux Beaux-Arts de Sion (1981-1986) où il obtient son diplôme d’illustrateur et de peintre.

    Passionné, il décide d’initier la nouvelle génération aux arts plastiques. À l’appui d’une formation pédagogique, il exerce actuellement comme professeur au cycle d’orientation de Crans-Montana.

    Avec trente années d’expérience, des expositions personnelles, des performances, plusieurs collaborations et participations à différents collectifs, Éric Bovisi s’inscrit comme un artiste polyvalent et réactif dans le paysage valaisan.

    • La tranquillité convoitée par un spectateur désireux d’oublier la dynamique du monde aura beau chercher dans les toiles d‘Eric Bovisi un peu de répit, il n’y en a pas. Le geste, les formes imposent leur dynamique.
    • Il y a une urgence qui se donne par la matière, une frénésie qui dénonce les blessures infligées par nos sociétés au temps lui-même.
    • les corps sont allongés, fragmentés, englués dans la pâte évoquant la finitude de l’homme.

    « 

    • Le bibliste Chouraqui évoque à ce propos la Glèbe, c’est-à-dire la terre. Chez Bovisi, la matière triturée, les couleur imposées sans concession sont une manière de nous rappeler que l’on ne peut jamais s’arrêter à l’apparence du monde et du corps.
    • Il est nécessaire d’aller au-delà ou en deçà de l’épiderme. La condition de l’homme est dépeinte comme modelée par une main créatrice.
      • Les figures sont régies par une force élévatrice, comme chez le Greco ou chez Munch, c’est  un désir métaphysique dont il est question. Celui-ci trouble l’âme et le corps  pour arracher l’homme à une torpeur trop confortable. »
    • Jean-Louis Meylan

    LES DESSINS GRANDS FORMATS

    Thème : Le Dormeur du Val

    Work in Progress: Le Dormeur du Val

    Etape 1, dessin tracé à la gouache 250 sur 140 cm

    Etape 2 : tracé à la gouache

Illustrations: « Exo »

  • Lancement d’un projet

  • DES NOUVELLES FANTASTIQUES (PUBLICATION ET MISE EN SCENE)

LA NAISSANCE D’UNE COLLABORATION

  • Véronique Bourguinet est l’auteure d’un recueil de trois nouvelles de Science Fictions intitulées Exo, Planète Hantée Diluvienne et Baby-Boom galactique
  • Dès 2023 Véronique a proposé à Eric Bovisi d’illustrer ces nouvelles.
  • Notre collaboration est un mélange de remise en question, d’encouragement, de critiques.
  • Tous les ingrédients créatifs et imaginatifs sont en perpétuel bouillonnement.

L

 PRESENTATION DES PROJETS                       

  • Premier Projet : le projet binôme.
  • Véronique Bourguinet (autrice) Eric Bovisi (illustrateur).
  • Trois Nouvelles sur des mondes imaginaires sont déjà écrites, la quatrième est en cours d’élaboration
  • L’illustrateur doit s’imprégner des univers se déroulant dans les nouvelles futuristes, symboliques, « scienfictionelles
  • Une trentaine d’illustration jalonnent ces allégories, regroupées en trois opus: Exos, Planète Antédiluvienne, Baby-boom galactique
  • Première Nouvelle: EXO
  • Le monde d’Exo déroule un univers de science-fiction qui mêle eugénisme et manipulation génétique.

  • Les entités peuplant le monde d’Exo cherchent désespérément une voie de rédemption dans un autre, une bouffée d’air frais génétique,
  • la quête un peu nostalgique et désespérée d’une autre part de soi entrevue
  • dans la lumière de ces petits êtres.
  • Deuxième Nouvelle: La planète antédiluvienne.
  • La planète hantée diluvienne est féérique , elle rapproche dans une solitude romantique des êtres qui s’ignorent et qui se découvre à la faveur d’un bouleversement météorologique .

  • La Troisième Nouvelle: Baby-boom Galactique
  • Baby-boom galactique s’engage sur un événement cosmologique qui va bouleverser la réalité et le quotidien perçue par les êtres, et changer radicalement leurs comportements.
  • Les êtres vont percevoir une réalité distordue, une inversion des points de repères habituelles et des valeurs morales
  • considéré(e)s acquises par toutes et tous et bonne fois pour toute.
  • Leurs visions troublées de scènes paradoxales dont l’issue
  • est plus ou moins heureuse.

L’exploration visuels
  • Les différentes atmosphères du récit poussent l’illustrateur a créer divers « rendus »
  • des surface lisses et aquarellées des univers technologiques, en passant par des surfaces
  • aux surface plus rêches des planétoïdes caillouteux, aux miasmes évanescents, d’univers vaporeux et mélancoliques, tout est prétexte à expérimenter divers matériaux , divers médiums : encre de chine , bulle de savon, sable, gros sel, gouache, de mine de plomb, pigments.

Technique mixte sur papier: mine de plomb, gouache, aquarelle/ format A3

Déliquescence d’un peuple

Victoire de la colonisation

La myriade de petits

  • LE DEUXIEME PROJET
  • J’ai conçu les illustrations sans le support du texte mais sans doute imprégné par les séries d’images conçues pour les Nouvelles de Véronique Bourguinet .
  • S’inspirer de l’escalier à « double hélice » du château de Chambord , plier l’espace, afin de l’agrandir; y faire tournoyer, une flotte d’humanoïdes qui traversent des membranes alvéolées. Jouer avec l’organique et le géométrique.
  • Amener ses humanoïdes à s’ accaparer d’expressions, d’émotions au fil de leurs circonvolutions elliptiques.
  • LES THEMES EMERGEANTS D’EXO ( sous forme de suite)
  • La Nouvelle d’Exo se centre sur l’histoire et les mythes d’un peuple en fin de lignée. Ses Mythes éclaire l’état d’esprit de cette civilisation en perdition, aboutie technologiquement, mais impuissant face aux nouveaux besoins animal primitifs, découvrant une part non maîtrisée de leur être.
  • Ces mythes sont le fondement de leurs histoires qui leur permettent de ne pas perdre la boule, pas encore!
  • Le triptyque trônant dans la salle des chefs en ai un parfait exemple.
  • Ces images décrivent un endroit paradisiaque colonisé et vidé de ses habitants par la force brutale des colonisateurs.

Paradisiaque

L’enlèvement des petits

  • Les personnages d’Exo : des êtres protéiformes, mi métal, mi chair.
  • Les personnages tragicomiques se perdent dans la déliquescence des corps et dans cette recherche vaine de transformation, d’accès à des états inconnus, la partie métal chair se relâche elle devient chair flasque, dépourvu de maintient qui donne au personnage un caractère veule et ridicule.
  • Ce qui leurs libère le carcan les rend plus poreux plus fragiles, le chef fait encore illusion avec son armure.
  • Cette quête vaine d’un état inconnu et d’apparence libératrice, font surgir des émotions , comme autant de failles dans leur corps et leur esprit carapaçonnés.
  • Cet état de relâchement amène ces êtres à renouveler encore et encore leurs propres chimères et à s’accrocher à une image rêvée d’eux-mêmes.

ni

  • Le décalage est trop fort même les chefs sont entraînés dans cette impasse fatale.

  • La mythologie du peuple est inscrite dans des villages primitifs et dans l’apparition d’explorateurs furtifs,
  • qui ont laissé une trace durable dans l’avancée de leur civilisation.

La fuite du territoire

C

  • Cette technologie ancestrale se concrétise dans le déroulement de l’univers d’Exo, le lecteur est plongé dans les méandres de lieux technologiques et de salle d’usinage, et de transformation.

E

  • La nouvelle de science fiction « Exo » écrite par Véronique Bourguinet est lue par Roland Vouilloz le mercredi 25 Janvier à 20heures au Château Mercier, cette lecture est accompagnée par les illustrations créées par Eric Bovisi et projetées sur toile par Vincent Forclaz.
  • La lecture est également illustrée par des thèmes musicaux composés par Christian Zufferey.
  • J’adore cette collaboration et je me réjouis grandement.
  • Bienvenu à Toutes et à Tous, entrée libre
  • Les illustrations ponctuent les moments forts de la nouvelle *EXO »
  • Une première performance a eu lieu en janvier 2023 au Château Mercier
  • Auteure : Véronique Bourguinet
  • Illustrateur : Eric Bovisi
  • Comédien : Roland Vouilloz
  • Musicien : Christian Zufferey
  • Monteur d’image projectionniste : Vincent Forclaz
  • Réalisateur du film : Simon César Forclaz
  • Le film de la performance est à voir sur
  • VERONIQUE BOURGUINET ERIC BOVISI EXO – YouTube

Collection Dancer

Confinement : l’idée de la dépouille qui se révèle éclatée comme une pivoine rouge sang
Dancer: huile sur toile /160 sur 110cm
Dancer: huile sur toile /120 sur 90cm
Danser avec 6000 KM de magma sous les pieds –Acrylique et huile sur toile: 140 sur 100cm
Le jocker; huile sur toile- 80 sur 80cm
Le jocker; huile sur toile 70 sur 50 cm
Le jocker; huile sur toile 70 sur 50 cm
Croquis et études des Jockers, huile sur toile – 50 sur 39 cm
Croquis et études des Jockers, huile sur toile – 50 sur 39 cm
Croquis et études des Jockers, huile sur toile – 50 sur 39 cm

Collection : Ma STRUCTURE (œuvre polymorphe)

Les artefacts métalliques interrogent ma pratique, de quelle manières mon intentions de départ va être chahutée, les lignes et les traits « policés » de l’esquisse vont être transformé par l’influx nerveux des fils de fer. Mon crayon suis la trace de ces trames de fil en ombre projetée sur la toile ou sur le papier,
  • Car c’est bien ce que je veux me faire surprendre par surprises formel, être exciter de curiosité par des images émergeantes de jeux d’ombres en réseau de fil. L’accident engendre des surprises formels, graphiques, une forme de brutalisme qui évite l’affadissement.
  • Le cadre de l’expérience est minutieusement préparé , le tressage des treillis, des armatures, les installations, cela est laborieux, qu’importe une fois la machinerie de métal mis en place le champ d’expérience est ouvert .
  • L’ombre glisse sur la toile révélant son réseau d’armatures tressées.
  • C’est au spray en tamponnant au pinceau en imprimant au rouleau que les structures de métal laissent leurs empreintes sur la toile ou le papier , un geste très masculin.
  • Puis je retravaille mes esquisses de métal, j’accentue, j’attenue, la cuisine habituelle.
Les ZNORTS ( terme issu de ma mythologie personnelle, il désigne des poupées articulées , qui servent à des scènes photographiques ou a des mise en scène picturales.

Les Znorts sont évidemment mobile et peuvent se mouvoir dans le vent!
  • Les croquis les dessins illustrent cette transformation, ils préparent les tableaux à venir et ouvrent des horizons vers de nouvelles explorations graphiques et picturales.
Ma Structure ; huile sur toile 103 sur 70 cm :
Evolution des volutes végétales sur l’armature
  • Le feuillage en frou-frou redessine, découpe avec grâce aléatoire, la silhouette sèche et squelettique de l’armature de métal., peu à peu la marionnette s’allège devient plus « frivole ».
  • « Les volutes de feuilles, aux ombres arrondies et veloutées, contrastent avec les longs fils de fer qui tracent à grand traits effilés et vigoureux la structure du pantin.
  • La sculpture conserve sa forme humanoïde métallique mais s’étoffe au fil de l’été du tissu végétal. »
  • Ce personnage hybride concentre l’énergie du lieu : ses fibres entrelacent l’atelier, le jardin, il entre en résonnance avec la présence de l’humain. Tous les deux dansent finalement dans les mêmes cordes.
Znôrt au maximum de sa végétation.
Ma structure: huile sur toile/ 82 sur 60 cm
Ma Structure ; huile sur toile : 70 sur 50cm

Série:

« Ma Structure, ombre et lumière

  • La lumière traverse des chablon découpés, ces persiennes dentelées font apparaître en sous couches les fromes les lignes du dessin, apparaissent en une jeu de vitrail, une image polarisée comme un double en négatif
  • Des effets de des transparences et des effets de halo de lumière apparaissent, des motifs fantômes

Collection ;journal intime

  • La disparition
  • L’observateur immobile regarde le flux des êtres.
  • A la tombée de la nuit les événements journaliers ont disparus, le flux des êtres et des choses tout s’est évaporé. Le spectateur n’a pas bougé et reste coït devant l’irréalité du monde .
  • Au cœur des ombres un souvenir lumineux, vivant demeure.
Léon; huile sur toile: 75 sur 93 cm
Léon, promenade Véroniquaine; huile sur toile: 93 sur 75 cm
 
Family; huile sur toile: 70 sur 50 cm
 
Family; huile sur toile: 70 sur 50 cm
 
Family; huile sur toile: 70 sur 50 cm

Collection ; grimace

Portrait grimaçant; huile sur bois: 59 sur 41cm

Dormeur du Val

Le Dormeur du Val, châblon métallique
200 sur 135 cm
Le Dormeur du Val, technique mixte, acrylique, huile sur toile
                                           200 sur 135 cm

DUPLIQUANTUM

La théorie Quantique technique mixte, acrylique, huile sur toile
                                           200 sur 135 cm

« La lumière du feu projette des ombres, des fantasmagories sur un mur et les hommes prennent cela pour la réalité »

La caverne de Platon.

  • Ce postal éclaire ma démarche dans l’élaboration de mes dessins, le crayon traduit ces ombres projetées sur du papier puis sur de la toile.

De Fil en Tableau

  • Démarche personnelle
  • Dès les années 2010, j’ai élaboré des dessins en projetant sur papier des ombres de figurines en fil de fer au moyen de spots lumineux. Ces ombres dessinées à la mine de plomb laissent peu à peu apparaître des personnages fantomatiques.
  • Explication de la démarche
  • « La lumière du feu projette des ombres, des fantasmagories sur un mur et les hommes prennent cela pour réalité ».
  • Voilà le postulat de départ de ma recherche et c’est pourquoi j’ai appelé mon atelier « La Caverne de Platon ».
  • Quelques années plus tard, j’ai utilisé cette technique de projection dans des travaux de peinture. Les ombres de mes personnages étaient directement traitées sur la toile au pinceau.

Collection jacqueline

Jacqueline : dessin sur papier technique mixte: mine de plomb , encre de chine

Jacqueline : dessin sur papier technique mixte: aquarelle, crayon de couleur.

 Peinture sur papier / acrylique, huile, spray / 60x80cm
Peinture sur papier / acrylique, huile, spray / 60x80cm

Exposition Loèche:

Galerie St Laurent

  • Cette salle st une ancien bâtiment dédié aux bains thermaux , avec ses hauts plafonds , elle se prête très bien à l’accrochage de grands peintures.
La part animale/ acrylique, huile sur toile / 135x210cm
L’annonciation 1 . Peinture sur toile / acrylique, huile / 230x140cm

Collection annonciation

L’annonciation 2. Peinture sur toile / acrylique, huile / 230x140cm

Frog love

Frog Love Peinture sur toile / acrylique, huile / 210x135cm
La structure du tableau Frog Love se joue du mouvement

Mise en son: Richard Jean , film: Eric Bovisi

Autres travaux d’exposition

LA Guerra ou Récif. Peinture sur toile / acrylique, huile / 100x120cm
Bataclan .Peinture sur toile / acrylique, huile / 100x120cm
La Martingale des Copains Peinture sur toile / acrylique, huile / 100x120cm

Collection dancer

Peinture sur toile / acrylique , huile, spray / 40x30cm
Peinture sur toile / acrylique , huile, spray / 40x30cm
Dessin sur papier / marouflage, pigment, acrylique / 70x90cm

Collection: Humeur de couple

Peinture sur toile / acrylique, huile / 100x120cm
Peinture sur toile / acrylique, huile / 100x120cm

Collection portrait dupliquantum

Peinture sur toile / spray, acrylique / 40x40cm
Peinture sur toile / spray, acrylique / 40x40cm
Peinture sur toile / spray, acrylique / 40x40cm

Collection élégie

Portrait élégiaque :technique mixte : crayon, pastel sec, acrylique,
huile-100sur 70 cm

Le Cabinet des Curiosités

Croquis divers de mes carnets

Portrait élégiaque: technique mixte : crayon, pastel sec, acrylique, huile-108 sur 74 cm

Collection: autoportrait

L’autoportrait est une mise en scène de soi-même, la ressemblance physique est secondaire.
Mes autoportraits reflètent les différences consciences et divers états émotionnelles.
Mes identités sont multiples et s’ouvrent sur un champ d’infinie possibilités.
Il n’y a pas de destin tracé, il y a une multitude de voies à emprunter.
Technique mixte: acrylique, huile sur toile-80 sur 60 cm
Huile sur toile détail à l’autoportrait
Détail de peinture : autoportrait: technique mixte , acrylique, huile sur toile
Détail, huile et pastel gras sur bois; 50 sur 40 cm

Collection: autoportrait d’humeur

Aquarelle sur papier format A3
Aquarelle sur papier format A3
Aquarelle sur papier format A3
Aquarelle sur papier format A3
Aquarelles sur papier format A4

Partition pour le spectacle : Latitude Trio-Mirage

Partition picturale pour le concert de Latitude Trio au théâtre Interface à Sion-
80 sur 58cm.
Huile sur toile.
Ce spectacle a été réalisé au théâtre interface à Sion

une toile de dix mètres , un trompettiste, un pianiste, et un percussionniste.

Ici je peins en direct et en premier plan les musiciens jouent …

S’exposer selon Eric Bovisi

Dans mon kaléidoscope géant j’observe mes reflets multiples éclairées par les variations , de luminosité , d’humeur, de contraste.

Les écumes de laves

Sous mes pieds.

 emportent avec elles

mes attitudes raisonnées

du fond de l’ineffable

du non conscient

 des marées d’imprévus, d’inattendus,

surgissent   du lointain et familier horizon.

« Je » se stratifie, en mille possibilités indéterminées .

Ses bleus rois, ses pourpres,

 ses oranges vermillons.

s’organisent   en structure de corail,

dévoilant à peine en sous- couche, les multiples facettes du sujet.

Archives Mémoire Ouvrière

Grégoire Favre Eric Bovisi

Grégoire Favre Eric Bovisi

A) GÉNÉALOGIE DU PROJET ET NOTES D’INTENTIONS


Parmi les œuvres présentées lors de notre dernière exposition Ramuz En Quête d’une
identité (Les Halles, Sierre, de mai à juin 2008), certaines s’attachaient à définir l’identité
de notre région. Une centaine de photographies de la ville de Sierre étaient ainsi proposées au regard des spectateurs.

Attentifs à leurs réactions, nous avons été
surpris de découvrir que, face à nos photographies, les Sierrois étaient non seulement interpellés par le regard que nous portions sur leur ville, mais qu’ils semblaient
également, avec un plaisir évident, la redécouvrir.

En effet, cette « enquête
photographique » a engendré un véritable dialogue avec le public ; qu’il s’agisse d’un
simple échange ou d’une rencontre, nous avons eu l’étrange impression de répondre à
une nécessité, à savoir de permettre à la population de notre ville d’interroger son
identité.
L’expérience de cet échange n’a pas été sans conséquences sur notre façon d’envisager la création artistique. Plus que jamais nous sommes convaincus que l’art a pour mission de contribuer à l’élaboration d’un dialogue qui dépasse le cadre forcément restreint de l’art lui-même pour s’ouvrir, qu’ils soient d’ordre sociologique, historique ou simplement humain, à d’autres horizons.

C’est fort de ce constat que, sous les conseils
bienveillants de l’écrivain Jérôme Meizoz, nous avons choisi pour thème de notre
nouveau projet, sorte de prolongement ou plutôt d’approfondissement de notre
précédent travail, celui de la mémoire ouvrière de notre région.


En photographiant Sierre et ses alentours, nous avons été frappés par l’empreinte
laissée par l’industrie sur le paysage du Valais central.

En effet, qu’ils s’agissent
d’usines, de gravières, ou encore de voies ferrées, nombreuses sont les traces de notre
activité industrielle, présente et passée, qui entrent visuellement en collision avec la
beauté naturelle de notre paysage.

Ainsi, que nous photographions une usine entourée
d’arbres fruitiers ou une conduite forcée transperçant la montagne, il semble que c’est
bien l’histoire du Valais moderne qui est à l’œuvre dans ces images capables de
produire en elles la réunion de deux réalités distinctes.

Avant que le secteur des
services ne prenne l’importance qu’on lui connaît aujourd’hui, le fait que notre
économie ait essentiellement balancé entre la paysannerie, le tourisme et l’industrie,
explique que notre paysage soit marqué par la rencontre de ces différents acteurs de
notre activité économique. Mais, au-delà de ces considérations, le paradoxe primordial
à l’œuvre dans les empreintes de notre monde industriel est sans doute la collision d’un là et d’un non là, d’un contact et d’une absence.

En d’autres termes, ce qui nous a
surtout interpellés dans l’empreinte de notre histoire industrielle, c’est la puissance de
son rapport au temps : la puissance fantomatique de ces ouvriers partis au loin mais qui demeurent, devant nous, proches de nous, à nous faire signe de leur absence.

LE PROJET:THEME DE LA MÉMOIRE

Alors que les halles de Chippis et de Sierre viennent de fêter leur jubilé de l’aluminium, et cela malgré les nombreuses incertitudes qui pèsent sur leur avenir, alors qu’une nouvelle crise économique vient d’éclater et débouche déjà sur des suppressions d’emplois au sein de l’entreprise Novelis, et que le paysage de Chippis se voit remodeler en profondeur par « la déconstruction » d’une partie conséquente de ses installations industrielles, ce bref rappel de l’histoire de la grande industrie dans notre région démontre que des générations de parents et d’enfants ont pris l’habitude de vivre à l’ombre de « leur grande entreprise », anciennement Alusuisse, devenue Alcan et Novelis.

Et, c’est précisément à ces hommes, à ces femmes, à ces familles, que nous avons décidé de nous intéresser. En effet, alors que notre monde actuel a vu peu à peu disparaître la classe ouvrière telle qu’elle s’est constituée au siècle précédent (c’est-à dire comme un référent stable, un groupe d’individus influent, susceptible de mobiliser durablement les esprits et les cœurs), il nous paraît plus que jamais pertinent de renouer avec notre héritage ouvrier. De cette « classe », que reste-t-il ? Comment expliquer que les ouvriers constituent toujours un groupe social important de notre région et que leur existence passe de plus en plus inaperçue ? Sommes-nous les dépositaires d’un passé révolu ?

Face aux défis que dessine un présent incertain, à l’heure de l’affaiblissement des résistances collectives, de la détérioration des relations sociales au travail, il est infiniment nécessaire de faire une place, ne serait-ce que dans notre horizon mental, à ces générations d’hommes et de femmes, véritables « bâtisseurs » du Valais moderne.

C’est donc à la « mémoire ouvrière » de notre région, mémoire dont le rôle est non seulement de ramener dans le présent ce qui demeure de notre passé, mais également de préparer l’avenir, qu’est consacré notre projet. Et, c’est précisément, parce que la plus grande part de notre mémoire repose sur notre imagination et qu’il est difficile de la décrire complètement en se fondant sur des études scientifiques, qu’il nous semble pertinent en tant qu’artistes de contribuer à l’élaboration de cette mémoire.

À l’ère de la globalisation, il s’agit pour nous de rappeler, de questionner, voire de fixer, les traces laissées par plusieurs générations d’ouvriers dans une société qui se sent coupée de ses racines originelles. Ainsi, dépassant le cadre traditionnel de l’exposition d’œuvres d’art, notre projet passe par l’édification d’un lieu de mémoire, à la fois témoignage artistique de la transformation actuelle de notre société et marqueur éphémère de la rupture historique que nous vivons. En permettant un dialogue intergénérationnel, notre travail a pour objectif la création d’une mémoire construite certes sur l’expérience vécue mais aussi 9 sur l’expérience non-vécue : notre but de créer une œuvre d’imagination capable de cristalliser les souvenirs et leur transmission

.

LES GRANDS AXES DU PROJET

Pour la population de notre région, la glorieuse épopée de son développement industriel représente bien plus qu’un simple fait historique.

Comme nous avons pu récemment le constater, l’engouement suscité par les festivités liées au centenaire de l’aluminium en Valais démontre un besoin essentiel, propre à l’évolution de notre société, celui d’aborder le lien qui nous unit à notre mémoire collective. C’est donc dans cette perspective, celle d’un travail de mémoire dans lequel il s’agit, pour nous, artistes valaisans, d’explorer le passé afin, avant tout, d’expliquer le présent et d’anticiper l’avenir, que s’inscrit notre projet. Ainsi, le contenu notre « mémoire ouvrière » se structurera autour de trois grandes étapes, autonomes et interdépendantes à la fois : 1. L’IMAGE SURVIVANTE (…) lorsque le sens historique ne conserve plus, mais momifie la vie : alors l’arbre dépérit progressivement, au rebours du processus naturel, depuis la cime jusqu’aux racines – et celles-ci finissent généralement par mourir à leur tour.

L’histoire traditionnaliste elle-même dégénère à l’instant où elle n’est plus animée et attisée par le souffle vivant du présent. (…) Elle ne sait en effet que conserver l’histoire, non pas l’engendrer ; c’est pourquoi elle sous-estime toujours ce qui est en gestation, car elle ne possède pour cela aucun intérêt divinatoire. F. Nietzche

Energie résiduelle d’une trace de vie passée, la survivance impose, selon le grand historien de l’art Aby Warburg, une désorientation redoutable pour toute velléité de périodisation. Elle est une notion transversale à tout découpage chronologique. Elle décrit un autre temps. Elle désoriente donc l’histoire, l’ouvre, la complexifie. Pour tout dire, elle l’anachronise. Travail de mémoire, la survivance nous montre comment chaque période est tissée de son propre nœud d’antiquités, d’anachronismes, de présents et de propensions vers le futur.

Constater cela, c’est se rendre à l’évidence que les idées de tradition et de transmission sont d’une redoutable complexité : elles sont historiques, mais elles sont aussi anachroniques ; elles sont faites de processus conscients et de processus inconscients ; d’oublis et de redécouvertes ; d’inhibitions et de destructions ; d’assimilations et d’inversions de sens ; de sublimation et d’altération.

C’est donc aux images survivantes du monde ouvrier de notre région, à ses archives, à ses vestiges, à ses fantômes, que nous consacrerons la première partie de notre création. En archéologues de la mémoire, il s’agira pour nous de regarder les choses présentes en vue des choses absentes, c’est-à-dire d’explorer à partir de notre présent les restes visible de notre passé, d’ôter les gravats, de découvrir ce qui est enfoui, de deviner, de construire ce qui a été oublié. Sous la forme d’une enquête photographique des sites industriels de notre région, de leurs empreintes matérielles et psychiques, ou encore sous la forme d’une installation dans laquelle seront exposés divers objets découverts à proximité de ces mêmes sites, notre travail consistera à créer des images capables de faire remonter une mémoire inconsciente et donc de susciter, outre le présent qu’elles nous offrent, une double tension : vers le futur par l’avenir qu’elles convoquent, vers le passé par les survivances qu’elles invoquent.

En instaurant un régime discontinu de la temporalité, cette première étape de notre projet a pour ambition de démontrer que, loin d’être un réservoir de souvenirs intacts, notre « mémoire ouvrière » est surtout imaginative et que, plus largement, nous reconstituons et transformons insensiblement mais sans cesse, notre passé en fonction de notre personnalité présente et de notre projection vers l’avenir.

A mesure que le concept de « subjectivité », progressivement élaboré par la philosophie moderne, s’élargit et s’approfondit, à mesure qu’issue de lui, une nouvelle conception véritablement universelle de la spontanéité de l’esprit gagne de plus en plus en netteté(…), surgit un nouveau moment constitutif de l’activité du langage qu’il faut mettre en évidence. Le langage semble, en effet, si nous tentons de dégager son origine, être non seulement le signe et le délégué d’une représentation, mais aussi le signe émotionnel de l’affect et de la pulsion sensible. Gilles Deleuze Étape essentielle de notre projet, cette deuxième partie sera celle de l’ouverture de notre champ d’expérimentation artistique aux souvenirs, aux témoignages, voire aux réactions, des différentes générations d’hommes et de femmes qui ont constitué ou constituent ce qu’il convient toujours de nommer la classe ouvrière de notre région.

Alors que, dans notre monde contemporain, une sorte de voile entoure les conditions de travail et de vie des ouvriers (comme si l’on préférait ne pas savoir ce qui se passe à l’intérieur des usines), notre objectif est de faire revivre la mémoire ouvrière de notre région afin de permettre à une partie encore importante de notre population de sortir du 12 silence auquel, par la force des choses, elle est réduite. Il s’agit donc pour nous d’inviter les ouvriers, témoins d’hier comme d’aujourd’hui, à participer à l’élaboration de leur « mémoire ouvrière » dans le but non seulement de réunir un matériel inédit à même de combler le manque d’intérêt des chercheurs pour notre passé industriel, mais encore d’établir ce dialogue intergénérationnel nécessaire à la cohésion d’une société.

Sociologique et artistique à la fois, notre travail consistera donc, par le biais d’un appel public lancé à la population, à créer, organiser, mettre en scène, un ensemble de témoignages inédits à même de porter un regard neuf sur la condition ouvrière dans notre région. Concentrée sur l’histoire individuelle des différents intervenants, notre approche, qui se veut essentiellement sensible, prendra la forme d’une enquête dont l’ambition première est de permettre aux ouvriers de prendre conscience qu’ils sont les dépositaires d’un savoir culturel lié à leur région, et ainsi de les persuader de se le réapproprier. Recueillir la mémoire ouvrière de nos concitoyens, la sauvegarder et la faire connaître, tel est l’objectif principal de notre appel à témoins.

Pour ce faire, nous proposerons à toutes les personnes désireuses de contribuer à une meilleure connaissance de notre histoire ouvrière de récolter leurs témoignages de deux façons distinctes bien que complémentaires : Construite sur le modèle de la constitution d’un fond d’archives (qu’il s’agisse de lettres, de photographies ou encore de fiches de paie),

la première partie de notre récolte de témoignages sera consacrée à la recherche de ces documents, souvent enfouis dans des greniers, des caves ou sous des couches de poussière, auxquels on ne prête pas ou plus attention. Ainsi, soucieux de véritablement associer les différentes générations d’ouvriers de notre région à l’édification de leurs mémoires ouvrières, nous distribuerons à tous ceux et à toutes celles qui accepteront de prendre part à notre projet, une boîte dans laquelle chacun et chacune pourra librement déposer un peu de ses souvenirs, de 13 sa vie, de son histoire.

Cette démarche ayant pour ambition, la réalisation d’œuvre « en libre accès » qui, sous la forme d’une bibliothèque d’un genre nouveau, permettra de dessiner les contours d’une mémoire complexe, voire inconnue, individuelle et collective à la fois. Plus journalistique, la deuxième partie de notre travail s’attachera à collecter les témoignages oraux de nos concitoyens.

Nous conduirons donc une série d’interviews des acteurs de notre histoire ouvrière qui, diffusées sous la forme d’une installation vidéo, constitueront un important complément aux informations provenant des différents documents accumulés. Alors que notre mémoire collective s’efface lentement mais inexorablement et que les témoins directs des bouleversements intenses rencontrés par le monde ouvrier de notre région disparaissent, il nous semble indispensable d’offrir à la population la possibilité d’un lieu d’échange afin de permettre aux générations les plus récentes une meilleure compréhension des trajectoires suivies par notre société.

Collection Blocher: la Mémoire Ouvrière

Dessin :technique mixte, mine de plombs , pastel, crayon de couleur-100 sur 70 cm
Dessin :technique mixte, mine de plombs , pastel, crayon de couleur-100 sur 70 cm
Huile sur toile-100 sur 60m cm

Collection homme machine; mémoire ouvrière

Dessin mine de plomb , crayon de couleur : 100 sur 70 cm
Dessin :technique mixte, mine de plombs , pastel, crayon de couleur-100 sur 70 cm
Dessin :technique mixte, mine de plombs , pastel, crayon de couleur-100 sur 70 cm
Dessin :mine de plomb-100 sur 70 cm
Dessin : technique mixte :mine de plomb, huile, spray -100 sur 70 cm

Collection portraits d’ouvriers

Dessin :, mine de plomb-100 sur 70 cm
Dessin :technique mixte, mine de plomb, pastel, crayon gras-100 sur 70 cm
Dessin :technique mixte, mine de plomb , pastel, crayon de couleur-100 sur 70 cm
Portraits d’ouvriers :huile sur toile-40sur 40 cm
Dessin :technique mixte, mine de plomb , pastel, crayon de couleur-100 sur 70 cm
Dessin :technique mixte, mine de plomb , pastel, crayon de couleur-100 sur 70 cm « Le chant des italiennes ».